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Le jour où la terre m'a parléC'était au printemps. Dans le prolongement d'un périple au Sahara et d'une initiation chamanique par l'ayahuasca an Amazonie péruvienne, je participais à un voyage initiatique en Bretagne. La soirée se déroulait autour d'un feu de camp. La nuit tombante, les participants s'éloignaient l'un après l'autre. Suivant mon mouvement intérieur, je me suis couché avec l'intention de m'endormir sur place. Contrastante avec le froid naissant, la chaleur de la terre m'invitait à me coucher sur le ventre. Sur son ventre. Contrairement à mon attente, je me réveillais progressivement, très présent à tous mes sens. Je me sentais comme un gros bébé posé sur le ventre de sa mère immédiatement après la naissance. J'ai vu en un temps indéfinissable - rapide, lent, arrêté... - une multitude de scènes qui se déroulaient un peu partout à la surface du sol "comme si" la terre me les montrait. Le sang d'un massacre coulait, s'étendant sur la terre nue. Un fermier labourait son champ. Une germe entrait dans le sol... Toutes ces images, bien réelles, se succédaient comme dans un film, sans être accompagnées par la moindre émotion. Puis la terre m'a parlé. "Tu as vu ce que je vis, les événements, la souffrance... Ne souffre pas parce que je souffre. Ce n'est pas ainsi que tu m'aiderais." Elle n'a pas dit autre chose. Je suis resté comme ça un long moment, serein, laissant résonner ce vécu en moi. Sans me le dire en ces mots, j'ai reconnu en cette expérience un message déterminant pour ma vie. En me redressant, je découvrais la présence d'un homme. Je ne me rappelle plus s'il se dirigeait vers moi ou s'il était déjà installé, attendant que je me manifeste à lui. C'était un prêtre. Pensant que j'étais perdu, sans toit sous lequel dormir, et que je m'étais réfugié près d'un feu découvert par hasard, il me proposait un lit dans sa demeure. J'écris ces quelques lignes à l'aube d'un lundi de Pâques. La lumière du soleil éclaire les deux tiers de la lune dans un ciel déjà bleu. Les oiseaux chantent et je n'ai pas sommeil. Maintenant, un an plus tard, j'ai pleinement assimilé le message. Etre éveillé, c'est faire le choix conscient d'incarner l'amour. Pas le demander. Pas le donner. L'incarner. Jusqu'à ce qu'il soit assez grand pour trouver son chemin tout seul. François De Kock |
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| Vous ne pouvez être en relation avec moi que dans la mesure où vous êtes en relation avec vous-même. |