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François

A propos d'agression

Dans un parc dormait un groupe d'oies au soleil. Au moment où je longeais l'endroit où elles se trouvaient, deux d'entre elles levaient la tête en cacardant discrètement. Je les approchais calmement, à distance respectueuse, en leur disant gentiment qu'elles n'avaient rien à craindre. Jugeant mon énergie pacifique, les deux oies replongèrent leurs têtes sous leurs ailes. Intrigué, je décidais de m'installer un instant, et m'asseyais sur un banc public à quelques mètres d'elles. Quand d'autres personnes passaient, le même manège se répétait. Vigilantes, il leur suffisait de quelques secondes pour se rassurer et se réinstaller confortablement. Les autres oies continuaient de dormir imperturbablement pendant tout ce temps.

Puis s'approchèrent deux autres personnes. L'une était une petite dame d'un certain âge, souriante, que j'aurais presque imaginée avec un tricot au coin du feu. L'autre était un plus jeune homme noir, énorme de taille, assez simple, d'allure un peu "grand dadais", également souriant. Les deux se parlaient en approchant distraitement des oies. L'ensemble du groupe d'oiseaux se leva brusquement comme un seul homme, et cacardait bruyamment, leurs cous tendus vers ce duo d'apparence inoffensif, réveillant le parc qui était calme à ce moment de la journée.

J'ai omis de vous dire que les deux personnes étaient auxiliaires de police. Cela se voyait à leur gabardine violette et au brassard qui l'ornait. Ce sont des civils engagés par la police pour maintenir une présence dans les rues, qui n'ont aucun droit d'intervention, mais qui avertissent la police en cas de situation de danger ou d'insécurité.

Si les oies se sont ainsi défendues, c'est qu'elles se sentaient agressées, parce qu'une énergie d'agression les approchait. La vieille dame et le jeune noir n'étaient probablement pas conscients qu'une telle énergie les habitait. Ils se sont donc engagés comme auxiliaires de police pour se sécuriser contre ... leur propre énergie d'agression. J'ai été dupe, mais les oies ne l'ont pas été.

Ce jour-là, ces oies avaient été pour moi de grands maîtres spirituels.

François De Kock


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haut de page On considère comme réalité ce à quoi on croit, et comme illusion ce à quoi on ne veut ou ne peut pas croire.