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François

A propos de nazisme

Je vous partage quelques réflexions à propos du film « Walkyrie » de Bryan Singer, avec Tom Cruise et une pléiade d’autres excellents acteurs. Il raconte de manière crédible et prenante la dernière des nombreuses tentatives d’assassinat d’Hitler par la résistance allemande. Je pourrais dédier une année entière de Nouvelles Expansions aux multiples réflexions générées par cette histoire, à commencer par l’ode à la différence qui ne pouvait qu’inspirer le réalisateur de la trilogie de « X-men ». Je me limiterai à deux sujets précis qui pourraient vous interpeller.

Pour commencer, il n’est jamais inutile, d’un point de vue de développement personnel et spirituel, de continuer à mener une réflexion sur la deuxième guerre mondiale, et d’en éclairer toujours plus des facettes méconnues. Une large section de la documentation de mon site Expansions est d’ailleurs dédiée aux films phares dédiés à cette époque.

Nombreuses sont les personnes, que j’accompagne dans leur démarche, qui traînent comme des boulets des conditionnements liés à la seconde guerre. Que ce soit par le biais des héritages familiaux et sociaux, voire par des mémoires de vies antérieures passées au cœur de l’enfer (autant chez les « victimes » que chez les « oppresseurs »), les vies de ces personnes sont parfois profondément déterminées par ces mémoires personnelles et/ou collective.

Ce phénomène est particulièrement criant dans le cadre de mon travail de Sexpansions, où les inhibitions sexuelles et relationnelles sont parfois directement liées à des traumatismes importés de cette époque. Il n’est pas évident de libérer le feu de notre puissance sexuelle quand on marche plié sous la culpabilité d’avoir réduit en cendres des populations entières. Il n’est pas évident d’affirmer aujourd’hui sa différence alors qu’on a survécu en la gommant pendant des années. Il n’est pas plus évident de sortir du rang quand on est tenaillé par une peur tenace de l’exécution publique.

A chacun de vous qui se sentirait interpellé par ce que je vous partage, je conseille de voir « Walkyrie ». D’abord parce que c’est un bon film, alliant le sens de l’aventure humaine à la crédibilité historique, mais surtout parce qu’il propose une vision nuancée de la barbarie. Il montre que le monde n’est pas divisé en deux blocs de bons et de méchants, mais que le « bon » et le « mauvais » se côtoient aux mêmes endroits, dans les mêmes peuples, dans les mêmes personnes, en vous et en moi.

D’autre part, je vous invite à réfléchir dans quelle mesure vous persistez dans l’erreur ou dans le juste. Les conjurés de l’opération Walkyrie étaient en large partie des officiers aristocratiques qui soutenaient au départ le régime nazi de toutes leurs forces, un régime qui se destinait à rendre sa fierté au peuple allemand bafoué par ses propres dirigeants à l’occasion de leur reddition qui mit fin à la première guerre mondiale, un régime qui restaurait la prospérité économique d’une nation en ruines, et enfin qui combattait la terreur bolchevique naissante. Les idéaux de ces officiers furent désintégrés à la découverte, année après année, de la folie meurtrière instaurée par le nazisme. Contrairement aux résistants de nos pays qui s’opposaient à un envahisseur extérieurs, ces soldats allemands ont été confrontés au lourd choix d’être traîtres à leur propre cause, à celle qu’ils avaient eux-mêmes choisie et soutenue.

Le film « Walkyrie » raconte ce conflit entre d’une part notre adhésion à nos idéaux de départ, à nos illusions, et d’autre part notre conscience naissante quand la réalité se fait incontournable. Parfois, le plus grand courage consiste à se dire qu’on s’est trompé, à faire marche arrière jusqu’à la fourche où on s’était trompé de direction, et à redémarrer sur de nouvelles bases. Je vous invite donc à réfléchir pour vous-même dans quelle mesure vous persistez dans l’erreur ou dans le juste, dans votre vie concrète de tous les jours.

Pour approfondir le sujet, voyez le film « Walkyrie » et procurez-vous l’exceptionnelle édition hors-série du Figaro qui lui est consacré.


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