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François

A propos de communication entre maître et disciple

Avec une conjonction de Soleil, Mercure et Nœud Sud en Gémeaux, je possède une maîtrise relativement exacerbée de la communication sous tous ses aspects – ombre et lumière. J’ai une facilité parfois déconcertante à communiquer à partir de moi-même, ainsi qu’à dévoiler les disfonctionnements de la communication d’autrui. Avec le temps, j’ai appris à quel point notre mode de communication peut être indépendante de notre volonté. Que nous soyons de « bonne volonté » ou de « mauvaise foi » ne change RIEN à notre ouverture ou à notre fermeture dans la communication. J’ai rencontré des personnes de très bonne volonté, avec le cœur sur la main, qui continuent néanmoins à se retrancher dans un bunker communicatif hallucinant. J’ai également rencontré des personnes ronchonnes, négatives et de mauvaise foi, mais qui s’assument et qui sont totalement disposées à se dire et à entendre la vérité de l’autre. J’ai appris à considérer comme un véritable miracle les personnes qui cumulent d’une part leur envie – voire leur intention – d’être soi-même, authentique et en évolution, à d’autre part une communication ouverte à se dire à l’autre.

Cette constatation m’a amené à une plus grande tolérance vis-à-vis des personnes qui confondent leur « bonne volonté » avec une ouverture réelle, et qui nient donc – parfois avec véhémence - leur fermeture effective (affective ?). Avec ces personnes-là, mon boulot consiste prioritairement à mettre à jour leur mécanisme de survie, c’est-à-dire leur processus de répression de ce qui les habite, de fermeture à se dire, et de rejet de ce que je leur apporte (même et surtout si c’est ce qu’ils ont demandé), avant même de pouvoir aborder le « vrai » travail, c’est-à-dire le dévoilement de l’authenticité qui se cache derrière ces protections. Inutile de perdre mon temps et mon énergie à donner aux gens ce qu’ils me demandent aussi longtemps qu’ils le rejettent aussitôt.

Ce processus de fermeture à la communication peut être inconscient. Les personnes en question, persuadée à juste titre de leur bonne volonté, ne comprennent pas pourquoi je ne les « aide » pas mieux que ça. Parfois aussi, elles s’attendent à ce que je devine tout ce qui les habite afin de leur épargner l’effort de s’exprimer. Cela ne marche évidemment pas plus que le cas précédent.

Ce processus de fermeture à la communication peut également être conscient. Pire, il est parfois considéré comme normal. Il m’est arrivé, et il m’arrive encore aujourd’hui, de travailler pendant des mois sur un sujet qui se dévoile très progressivement, parfois à la vitesse d’un escargot. Et quand je dis « travailler », je dis : faire appel à toutes mes ressources, à tous mes trésors d’imagination qui aideront la personne à recevoir ce qu’elle vient chercher, c’est-à-dire à se dévoiler à elle-même. Quand enfin émerge le pot-aux-roses, parfois après des mois de dur labeur, apparaît la plus frustrante des réponses : « Mais cela, je le savais déjà depuis longtemps. ». Aaaargh !

J’ai compris que, dans ces cas-là, je ne travaillais pas vraiment sur la reconnaissance des capacités de la personne pour elle-même, mais bien sur sa résistance à s’exprimer, à communiquer sa vérité et son existence aux autres, et ultimement à remplir sa mission dans le monde.

François.
Mai 2007.


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haut de page On considère comme réalité ce à quoi on croit, et comme illusion ce à quoi on ne veut ou ne peut pas croire.